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Les petits fruits donnent vite et se taillent mal

Avatar de Mathilde Vanderhaegen

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4 min de lecture 5,0 (28 avis)

Un framboisier ou un groseillier planté au printemps peut donner ses premiers fruits la même année ou l’année suivante, bien plus vite qu’un arbre fruitier qui demande plusieurs années avant sa première vraie récolte. Cette rapidité trompe souvent les jardiniers sur la taille : parce que la plante produit facilement, on la taille comme un arbuste d’ornement, sans distinguer les tiges selon leur âge, ce qui finit par réduire la récolte au lieu de l’améliorer.

Le framboisier remontant, deux logiques de taille selon la variété

Les framboisiers remontants fructifient sur les tiges de l’année, à l’automne, puis à nouveau sur ces mêmes tiges l’été suivant si on les conserve. Les framboisiers non remontants, eux, ne fructifient que sur les tiges de l’année précédente, une seule fois, avant que ces tiges ne doivent être coupées à ras pour laisser la place aux nouvelles pousses. Confondre les deux types conduit à couper systématiquement toutes les tiges en fin d’hiver, ce qui supprime chez un remontant une partie de la récolte d’été qu’il aurait pu offrir.

Pour un framboisier remontant, la solution la plus simple pour un jardinier qui privilégie la quantité reste de couper toutes les tiges au ras du sol chaque hiver, en acceptant de ne récolter qu’à l’automne mais avec une fructification plus généreuse et plus facile à surveiller. Pour qui préfère deux récoltes plus modestes, garder les tiges de l’année précédente jusqu’après leur fructification d’été, puis les couper ensuite, permet de profiter des deux vagues.

Le groseillier, une charpente qui se renouvelle par rotation

Contrairement au framboisier, le groseillier fructifie sur du bois de deux à trois ans, ce qui impose une taille par rotation plutôt qu’un rabattage total. Chaque hiver, on retire environ un tiers des branches les plus âgées, repérables à leur écorce plus sombre et moins souple, pour laisser la place à des rameaux plus jeunes qui prendront la relève dans les saisons suivantes.

Un groseillier jamais taillé s’épaissit au centre, où la lumière ne pénètre plus assez pour permettre une bonne fructification, tandis que les fruits se concentrent en périphérie sur des branches de plus en plus longues et fragiles. Aérer le centre de l’arbuste chaque hiver, en coupant ras les branches les plus anciennes et les plus emmêlées, redonne à toute la structure une capacité de production répartie sur plusieurs années à venir.

Une erreur commune aux deux : tailler trop tard

La taille des petits fruits se pratique en fin d’hiver, quand la plante est encore au repos, jamais une fois la sève repartie et les premiers bourgeons gonflés. Une taille tardive affaiblit la plante au moment précis où elle mobilise ses réserves pour démarrer sa nouvelle saison, avec un effet visible sur le volume de la récolte suivante. L’framboisier, comme le groseillier, tolère mal ce décalage, contrairement à certains arbustes d’ornement bien plus indulgents sur ce point.

Pour ce qui concerne le sol qui porte ces arbustes, souvent laissé sans attention après la plantation, la rubrique consacrée au sol et au compost détaille comment un paillage régulier au pied des petits fruits limite la concurrence des herbes spontanées sans recourir à un désherbant.

Reconnaître les tiges à conserver au premier coup d’œil

Face à une touffe de framboisiers ou un pied de groseillier bien installé, distinguer une tige jeune d’une tige âgée demande un peu d’habitude mais repose sur des signes simples : une tige récente reste souple, d’un vert ou d’un brun clair uniforme, tandis qu’une tige âgée se craquelle, s’assombrit et devient rigide, parfois colonisée par des lichens ou des mousses sur son écorce. Ces signes valent mieux que le simple comptage des années, souvent approximatif une fois la plantation bien développée.

En cas de doute sur une tige, une coupe test suffit à trancher : une section de bois encore blanche et humide à l’intérieur indique une tige vivante et productive, tandis qu’une section brune et sèche signale du bois qui ne portera plus de fruits utiles. Ce réflexe simple évite de couper par excès de prudence des tiges encore pleinement productives, ou au contraire de garder trop longtemps du bois qui n’apporte plus rien à la récolte.


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