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Une tomate se plante en profondeur, pas en surface

Avatar de Mathilde Vanderhaegen

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3 min de lecture 4,0 (42 avis)

Un plant de tomate acheté ou élevé en godet arrive presque toujours trop haut sur sa tige, avec un pied de racines minuscule pour une plante qui va peser plusieurs kilos une fois chargée de fruits. La solution n’est pas de le planter tel quel, mais de l’enterrer profondément, tige comprise, jusqu’aux premières feuilles. Ce geste, qui semble contre-intuitif, est précisément ce qui donne à la tomate la stabilité et l’alimentation en eau dont elle aura besoin en juillet.

Des racines qui naissent sur la tige elle-même

La tomate a la particularité de développer des racines adventives : des racines qui poussent directement sur la portion de tige enterrée, là où n’importe quelle autre plante ne produirait que des racines à partir de sa base d’origine. Chaque centimètre de tige recouvert de terre devient donc une zone d’émission de nouvelles racines, ce qui explique pourquoi planter profondément multiplie littéralement le système racinaire du pied.

Un plant planté ainsi, avec seulement les deux ou trois étages de feuilles du haut qui restent à l’air, développe en quelques semaines un réseau racinaire bien plus dense qu’un plant planté au ras de son collet d’origine. Cette masse de racines supplémentaires va chercher l’eau plus profondément et plus largement, ce qui rend la plante nettement moins dépendante des arrosages en cas de sécheresse passagère de juillet.

Le tuteurage, une deuxième condition à ne pas oublier

Planter profondément stabilise la base, mais une tomate chargée de fruits reste lourde et cassante si elle n’est pas soutenue au fur et à mesure de sa croissance. Un tuteur planté au moment de la mise en terre — jamais après, quand les racines sont déjà installées — évite d’abîmer le système racinaire qu’on vient tout juste de favoriser. Attacher la tige au tuteur avec un lien souple, sans jamais serrer, laisse la place à la croissance en épaisseur de la tige durant les mois suivants.

Le palissage se poursuit ensuite toutes les deux semaines environ, en accompagnant la tige plutôt qu’en la forçant. Une tige non soutenue finit par plier sous le poids des grappes, exposant les fruits au contact du sol, où l’humidité favorise les maladies. Pour ce qui touche justement à la vie du sol autour du pied, la rubrique consacrée au sol et au compost détaille comment un paillage limite ces remontées d’humidité vers le feuillage, un point que l’association Adalia, engagée pour un jardinage sans pesticide, rappelle régulièrement dans ses conseils de terrain.

Deux profondeurs différentes selon l’âge du plant

Un jeune plant élevé quelques semaines seulement supporte un enterrage généreux sans difficulté, mais un plant déjà avancé, avec une tige épaisse et ligneuse à sa base, s’installe mieux en creusant plutôt une tranchée inclinée que verticale. Cette technique, dite du plant coudé, consiste à allonger la tige presque à l’horizontale sous quelques centimètres de terre avant de la redresser doucement vers la lumière : le plant retrouve son axe vertical en quelques jours, tout en profitant de la même multiplication de racines adventives sur toute la portion enterrée.

Cette méthode convient particulièrement aux plants achetés déjà développés en jardinerie associative ou reçus en échange entre voisins, souvent plus hauts que ceux qu’on aurait semés soi-même au bon stade. Elle évite de devoir choisir entre planter un pied trop haut sur une tige fine, qui versera au premier coup de vent, et raccourcir la tige en coupant, ce qui priverait la plante d’une partie de son feuillage déjà formé.


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